31 octobre 2008
L'art animalier dans ma peinture

Le cygne d'Ispahan
L'une des premières images qui me viennent en tête et avec force lorsque je me remémore mes premiers dessins d'enfant est cette vision où je me vois en train de colorer un cheval.
Enfant, je passais de longs moments à observer la nature que je trouvais très divertissante avec son ciel bleu, ses arbres, et ses animaux. Pour moi, le bonheur consistait à vivre entouré d'un grand jardin, non loin d'un cours d'eau, d'une forêt et d'une montagne.
De toutes les créatures, les oiseaux étaient celles qui me fascinaient le plus. Je croyais vraiment qu'ils étaient magiques. Je leur trouvais du charme, un mystère et de la poésie. J'étais étonné de voir les autres gamins leur tirer à coup de pierre ou les emprisonner dans des cages. De tels gestes me paraissaient relever du sacrilège.
L'année dernière, j'ai réalisé un rêve et me suis fait plaisir en consacrant une série de 22 tableaux au cheval, mais avant cela, j'ai dessiné et peint d'innombrables bêtes.

Ma première exposition de peintures originales en 2001 avaient pour thème les oiseau et je l'ai intitulé : "Les oiseaux mystiques"
Chez moi, l'œuvre picturale se rattache de très près à l'univers de l'illustration car lorsque j'étais plus jeune, je ne rêvais pas d'être peintre mais illustrateur de contes ou de livres animaliers. A l'époque, Alger grouillait de libraires. Chaque mois, je faisais le tour des boutiques en famille et en sortais avec cinq ou dix livres.
C'est en copiant les illustrations que j'ai appris à dessiner et à peindre, et durant longtemps, j'ai travaillé exclusivement à l'aquarelle sèche.
Mes premières expositions d'adolescent ne contenaient d'ailleurs que des copies d'illustration dans lesquelles on voyait des animaux, des fleurs ou des paysages, le tout dans un style réaliste.
Lors de ma première année à l'université, j'ai voulu tenter ma chance dans l'univers de l'édition. Un petit éditeur m'a demandé de lui adapter une dizaine d'histoires tirées des fables de la fontaine. Le projet n'a pas abouti. Les maisons d'éditions dans mon pays sont avant tout des imprimeries tenues par des commerçants obèses qui aiment faire travailler les créatifs et amasser de l'argent sur leurs dos sans les payer ou en leur jetant des miettes. Suite à d'autres tentatives infructueuses, je me suis tourné vers la peinture convaincu qu'un artiste algérien ne peut compter que sur soi-même.
Les animaux me fascinent pour leur beauté, la vie et l'énergie qu'ils dégagent ainsi que la variété de leurs formes et de leurs couleurs. Le fait qu'ils soient muets les rend plus attachants, contrairement aux humains qui utilisent trop souvent la parole à mauvais escient.
Ces dernières années, je dessine et peins les animaux en les transfigurant comme le faisaient les artistes des civilisations païennes. L'art animalier, est pour moi, aussi important et noble que le portrait chez certains.
Il fut des temps où l'animal était considéré avec dignité. On lui attribuait du mystère et des pouvoirs extraordinaires. On croyait les sources et les ruisseaux habités par des esprits magiques. L'homme était tenu de respecter toute chose et tout être. Les peuples associaient la nature à des contes, des proverbes et des légendes qu'ils se racontaient avec joie.
Depuis, on ne peut pas affirmer que la science et le cartésianisme aient rendu l'humanité plus intelligente. De nos jours, les hommes ont acquis beaucoup de connaissances en zoologie, botanique, géologie… mais ils vivent comme des porcs, passant leur temps à détruire, saccager et salir tout ce qui les entoure.









