Algérie Térébenthine

Le blog de Redha Benidiri, un jeune artiste peintre algérois

01 mai 2008

Mouhamed Khedda, la galerie de l’association Al Djahidhiya.

Cette Galerie est peu connue, voir mal appréciée. Pourtant, pour un jeune peintre qui a du mal à trouver un lieu où exposer, elle est un endroits plutôt intéressants et même un havre de paix.


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La salle ou se tient une conférence chaque semaine et une ou deux expositions par mois


 


Les points positifs :

Emplacement : Au cœur d'Alger, dans la rue Redha Houhou, ce qui pousse les petits journaux à y venir chaque semaine. Malheureusement, cet emplacement n'attire ni acheteurs, ni visiteurs. La plupart des gens qui assistent au vernissages sont soit des journalistes, soit des poètes ou des écrivains membres de l'association.

L’accueil : La réceptionniste, la secrétaire et le concierge sont tous correctes. Même les artistes qui n’ont jamais exposé dans leur vie sont traités avec égard.

L’attitude du gérant : L’écrivain arabophone Tahar Ouettar reçoit tous les artistes, qu’ils soient débutants ou confirmés. Il leur fait visiter la galerie et leur présente les œuvres, leur parle des artistes ayant exposé. Depuis quelque temps, la galerie est gérée par Imekraze Saliha, une artiste peintre de Tipaza dont l’accueil reste tout aussi bon.

 

Le vernissage : Malgré une certaine mauvaise réputation que traine l'association, les vernissages se passent toujours de façon correcte. Il n'y a jamais de mauvaise surprise et l'artiste est traité dignement. Le gérant tient toujours sa parole. Quand il vous promet un vernissage pour tel jour, vous pouvez lui faire confiance. Ce qui n’est pas le cas de toutes les autres galeries.

 

Le public : Le vernissage a lieu au même moment qu’une conférence sur un sujet littéraire. Vous êtes donc certain d’avoir du monde. Les gens qui viennent sont généralement tous cultivés. Ils ne manqueront pas de s'intéresser à vos œuvres. Leur nombre dépasse parfois les 50. Ceci est un point très positif car la plupart des autres galeries, même les plus prestigieuses, sont incapables d’assurer des visiteurs à leurs artistes.

 

La presse : L’endroit attire beaucoup les petits journaux à faible ou moyen tirages car il est situé au centre d’Alger, mais les journaux à gros tirage comme Echourouk et El Khabar l’évite à cause de la mauvaise qualité de la collation. J'ai eu de la part de certains petits journaux d'assez bons articles. Quant aux journaux francophones, on ne les y croisent jamais vu que l’écrivain est réputé allergique à toux ceux qui écrivent en français. Personnellement, il sait que je suis francophone et jamais je n'ai eu de mauvaise remarque de sa part.

Ouverture d’esprit et tolérance vis à vis des œuvres exposées : La galerie n’expose pas de nus ni d’œuvres ouvertement provocantes mais le gérant reste très ouvert sur les thématiques. Il expose toute sorte de peinture, de sculpture… C’est un point très positif qu’on retrouve chez de rares galeries. La plupart des galeries pratiquent l’exclusion et n’exposent que les peintres qui peignent à la manière de tel ou tel grand peintre algériens. A titre d’exemple, l’année dernière, cette galerie a été l’une des deux seule à accepté d’exposer mes œuvres dont le thème était « l’Afrique noire »

Le foyer : Le foyer est une sorte de cafeteriat ouvert uniquement aux membres de l'association où ils peuvent venir se reposer et discuter.

Le comportement du gérants avec les artistes : Correcte. Même si la collation est moyenne, elle reste la même quelque soit l'artiste exposé.  De ce point de vu, il n'y a pas de traitement de faveur.   

 

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Les points faibles :


L’écrivain ne dépense pratiquement rien pour les peintres alors qu’il lui arrive de se montrer très généreux quand il invite un poète égyptien ou libanais…

L’affiche : De format A3. Très rudimentaire et avec une impression basse qualité.


Les fiches et les dépliants : Imprimés en noir et blanc sur une feuille A4 et tiré à 30 ou 50 exemplaire.

La collation : C’est l’un des points les plus faibles de cette galerie. Pour collation, l’artiste n’a droit qu’à un paquet de gaufrettes et une ou deux bouteilles de limonade de deux litres chacun.

 

La qualité des œuvres exposées : L’ouverture d’esprit de d'écrivain est telle que parfois, il expose des peintres moyens. Le but est de donner sa chance à tout le monde.

Les ventes : Rares.

Conclusion :

Pour un jeune peintre qui débute, l’endroit est intéressant. Pour les peintres qui possèdent un bon CV et des œuvres de qualité, mieux vaut qu’ils prennent lui-même en charge la réalisation de l’affiche, la collation… C’est ce que j’ai d’ailleurs fait lorsque j’ai exposé chez lui l’année dernière. L’affiche, les dépliants et la collation m’ont coûté environ 2000 D. Ce n’est pas une dépense qui aurait pu le ruiner. Je précise qu’en partant, je leur avait laissé un tableau que j’aurais pu vendre entre 15 000 et 20 000 D.

Posté par mediterebentine à 10:46 - Galeries et lieux d'expositions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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