06 février 2009
Abdelmalek Cherid expose à l'hotel L'aurassi

Articles et biographies sur l'artiste
http://www.bgayet.net/culture-art/-Abdelmalek-CHERID-.html
http://dz-live.com/leflay/cultures/abdel-malek-cherid/
http://abdelmalek-cherid-.fineartamerica.com/



Abdelmalek Cherid en compagnie de l'auteur du site






05 février 2009
Vente aux enchers au Palais de la culture pour soutenir Gaza
Je suis monté hier, Mardi au palais de la culture afin de récupérer les deux tableaux avec lesquels j'ai participé au salon d'automne. Dans l'une des salles, j'ai remarqué des gens en train de décharger des tableaux. ça faisait une semaine qu'on en parle dans les médias. Une association a décidé d'organiser une vente aux enchères de tableaux et d'objets artisanaux dont les bénéfices iront aux habitants de gaza, victimes d'une guerre d'extermination et du terrorisme sioniste.
Beaucoup de peintres ont ramené une à deux œuvres chacun. Pour ma part, je ne l'ai pas fait parce que l'association et les organisateurs de l'événement ne m'ont pas invité.
J'ai cependant donné un petit coup de main à quelques amis peintres présents dans la salle. C'est uniquement pour eux que je suis resté un moment.
Je n'ai pas pu assister à la vente aux enchères. J'ai du partir car c'est très difficile de trouver du transport vers Alger centre à partir de cinq heures de l'après midi.


La répartition des oeuvres selon l'importance de leurs auteurs (sourire de ma part)
Des céramiques maghrébines haut de gamme
Des habits traditionnels typiques du Sud

Un coffre dans le style de l'époque othomane
Le découpages des chaînes pour accrocher les tableaux
L'auteur du site
Un remarcable couteau touareg en argent que j'aurais aimé me payer si j'en avais les moyens
L'artiste peintre Imene Mebarki toujours dévouée pour l'art, pleine d'énergie et de naïveté...
Un type du cotidien arabophone Al khabar, un journal ultra commercial et opportuniste
mais très lu dans le pays. Sa présence m'a étonné puisque normalement, ils n'écrivent pas sur les arts plastiques et n'ont souvent pas de page culturelle. Mais bon... quand on écrit sur les malheurs des palestiniens, on est certain de vendre beaucoup de journaux...
L'inauduration en présence d'un ministre 
Un sculpteur Algérois
Des aqryliques réalisées par des enfants sous l'oeil attentif de Imene Mébarki quelques
jours auparavant
Le président de l'association organisatrice de l'expo vente en comagnie du ministre (gauche)
L'auteur du site en train de découper des vignettes 
Peintures exécutée par des enfants dans la bibliotèque du Palais de la culture
23 janvier 2009
SERGIO SILVA CAJAHUARINGA expose au musée du Mama
Il y a une semaine, j'ai reçu de la part de l'ambassade péruvien
une invitation par mal afin d'assister au vernissage de SERGIO SILVA
CAJAHUARINGA.
L'artiste a déjà exposé en Algérie, en 2006. J'ai vu ses tableaux au bastion 23
et ce fut un émerveillement. Il avait également exposé individuellement à la
galerie top action à la même époque, mais je n'y ai pas fait un tour.
Cette fois, j'étais décidé de ne pas rater l'occasion. J'ai fait 30 kilomètres
(depuis mon atelier jusqu'à la capitale) et je ne le regrette pas.
Le vernissage a eu lieu à 18 heures, une heure après celui de la Galerie
Mouhamed Racim dont j’ai parlé précédemment.
Pour des raisons de sécurité, l’entrée était réservée uniquement aux gens ayant été invités, c'est-à-dire des artistes, des ambassadeurs (qui se la pètent et se la jouent royalement), des responsables d’institutions culturelles, les médias...
Dès que le regard se pose sur l’une des œuvres, il n’a plus envie de la quitter. Si ce peintre expose à côté de chez vous, allez le voir. Vous passerez un moment fort. Lorsque je visite des expositions comme celle-ci, je réalise à quel point l’art peut être grandiose et sacré. Oui, l’art mérite vraiment qu’on lui sacrifie sa vie.
Moi, qui d’habitude déteste me prendre en photo avec les célébrités, me suis tiré le portrait à côté de ce type. Il était accompagné d’une traductrice qui parlait plusieurs langues. J’ai essayé d'engager d'une discussion avec lui en anglais mais j’ai pas pu le garder longtemps car il était sollicité et admiré de toute part.
J’avoue avoir éprouvé une affreuse rage en le voyant ainsi traité en roi. La ministre de la culture est venue inaugurer le vernissage.
Je me suis senti très mal. J’ai senti un grand vide dans ma poitrine, un gouffre que rien ne pourrait combler. J’étais tellement envieux que j’ai fini par avoir de la fièvre (je ne blague pas).
Je suis prêt à offrir mon âme au diable et à vendre père et mère pour avoir mes tableaux accrochés dans un endroit aussi grandiose ! Quand à ce public, je pourrais bien m'en passer. En rentrant à la maison, je me suis immédiatement mis au travail. Tel que je me connais, ma rage est telles que je vais peindre sans relâche durant des semaines !
Je vous laisse découvrir quelques œuvres, même si les tableaux sont infiniment plus beaux en vrai.





L'art traditionnel méxicain à Alger
ça fait un long moment que je n'ai pas fait un tour à la Galerie Mouhamed Racem (Alger) depuis sa restauration cet été. La salle est rayonnante. La nouvelle disposition de lumière et la blancheur donne l'impression d'un espace plus vaste et met plus en valeur les œuvres.
CeTte fois, nous avons eut droit à une exposition de Masque, photos et habits traditionnels mexicains.
Comme toujours, il y avait eut beaucoup de monde...


Les habits

Robe traditionnelle
Les photos

Dance populaire
Les masques
Environ 34 masques ont été exposé, témoignant d'une diversité, d'une créativité et d'une audace étonnants qui n'ont rien à envier aux masques africains.

Jaguar noir, de la région de Guerrero

Dieu Majahua, sculté dans du bois et une carapace de tatou, région de OAXACA


Dieu Jaguar, Régionfu Guerrero

Diable, Région du Guerrero

Homme mouche Région du Michoacan
09 décembre 2008
Promenades à Guelma
Une seule sortie était prévue lors du Salon mais elle fut annulée en raison du mauvais temps et de la pluie.
Dans le passé, les salon duraient une semaine et les artistes avaient droit à plusieurs sorties touristiques. Mais ces dernières années, les coûts exorbitants font que les salons durent à peine deux ou trois jours.
Le deuxième jour, nous sommes sorti moi, Boumegoura, Lebcir et Bouhali vers le centre ville. Abdelghani Boumegoura, qui connaît bien mieux que nous tous Guelma, a attiré notre attention sur une ancienne caserne romaine.

Lebcir(droite), Boumegoura (gauche) et Debouahla (centre)


Le vendredi, alors que la plupart des peintres étaient, soit chez eux ou prenaient le bus, je suis allé faire une tout au Hammam Debagh

Le ravin, du côté du pont ( construction franaise)

Le pont en contreplongée

Cette eau provient directement des cascades ainsi que des nombreux fontaines dispersées sur des centaines de mètres

Gros plan sur l'eau du ruisseau

Ces datiers grandissent en bouquet. Ils ont été plantés par les Français durant l'époque colloniane. L'abre peut pousser dans le nord de l'Algérie mais ses fruits n'arrivent pas à maturité.

Le ravin, du côté des cascades. Les pierres que vous voyez étaient toutes des fontaines d'eau bouillante dans un passé lointain

La cascade, vue de loin, avec des gens au-dessus

Un spectacle insolite, des paysans en train de remplir une citerne avec l'eau de la cascade

Une eau aux qualités thérapeutiques extraordinaire

L'enorme bloc de calcaire

Face aux cascades, les Français avaient aménagé un espace pour que les visiteurs puissent s'assoir et profiter d'une vie magique et surnaturelle

Une eau bouillante, au-dessus de la cascade

Debout sur la cascade, je regarde en bas !
08 décembre 2008
Le cinquième Salon "Arc en ciel" de Guelma
Il y a trois semaines, un ami peintre m’a appelé pour m’apprendre qu’un salon allait bientôt avoir lieu à Guelma. Je m’y suis déjà rendu au printemps. Mais cette fois, le salon est organisé par la maison de la culture de Guelma. Je me suis procuré leur numéro de téléphone et je l’ai ai appelé puis leur ai faxé mon CV. L’après midi même, j’ai reçu un appelle de leur part pour confirmer ma participation au salon.
Il s’agit de la cinquième édition du salon « Arc en ciel ». Les organisateurs du salon sont deux trentenaires, soutenus par la directrice du centre culturel.

Il est neuf heures du matin. Je franchis le portail du centre culturel
Le centre culturel de Guelma est un bel édifice inauguré par le président Bouteflika en 2003. Nous avons été acuillis de façon très correcte par les organisateurs et plusieurs peintres qui oeuvrent pour la bonne tenue du salon.

L'entrée des différentes salles servant à la direction du centre culturel

L'inauguration en présence du président d'une association, du Wali et la directrice du centre

Boumegoura (centre)

L'entrée de la première salle

Les anciens discutent et moi, je prête l'oreille...

L'auteur presentant ses oeuvres à une artiste peintre de Guelma et Lamine Khodja prof de l'histoire de l'art (constantine)


Quelques têtes sympathiques

Debouahla (droite), prof de dessin à Tlarma et Mébaï ( gauche), Aix cadre de la sonatrac, deux types très sympathiques

Kamel Khazane de Oeud Souf, un jeune très apprécié par ses anciens profs dont certains exposaient au Salon

Cet ensignant à l'univercité de Constantine est sans doute l'un des plus grands miniaturistes encore vivant en Algérie
Kadri Lyes (de Tébessa), en train d'animer une conférence

Daoud Sbaa, de Khenchla, artiste peintre et photographe

Yasmine de Constantine, l'une des peintres femmes qui a su se faire connaitre ces dix dernières années
Quelues oeuvres exposées au salon

Khaled Khodja, l'un des membres fondateurs de l'association Bassamet et prof de dessin

Mohamed Tawfik Lebcir de Bou saâda

Yacine de Ain El beida, remarcable peintre de Aîn el Beida

B
Bouhali Salim de Biskra

Le fameux Chegrane

La cloture

Nous quittons l'hotel dans le bus mis à notre disposition par le centre culturel, et chacun reprend la route pour retrouver sa ville...
23 novembre 2008
La ville de Doha inaugure un musée d'art islamique

L’inauguration de ce qui a été présenté comme étant le plus grand musée des arts islamiques au monde s’est faite au Qatar dans la vie de Doha en présence de plusieurs grands notables et personnalités comme Les présidents syrien Bachar al-Assad, émirati cheikh Khalifa Ben Zayed Al-Nahyane, ainsi que le roi de Bahreïn, cheikh Hamad Ben Issa Al-Khalifa, l’ex premier ministre Français Philipe de Villepin, Robert de Niro...
Tout le monde était comptent et on a eut droit à un beau feu d’artifice.
L'architecte du musée est un chinois vivant en Amérique. Le directeur ainsi que la plupart des personnes sensées offrir de grandes compétences (matière grise) sont importées d’occident. A côté d’eux, on a des sous-directeurs et une flopée d’individus aux titres pompeux, dont la seule grande compétence est le fait d’être des cousins ou des proches des gens au pouvoir.
Ce détail très important montre bien ce que valent réellement les pays du Golf. Ces nouvelles « grandes » nations qui font tellement parler d’elles depuis un moment ne sont en vérité que des géants de papier, de grandes farces de rentiers qui exhibent leurs biens acquis dans des conditions douteuses, mais qui ne font rien pour faire prospérer la matière grise de leurs pays. Tels des vaches vautrées sur des orchidées de luxe, « l’élite » de ces pays se contente d’accroître son confort personnel en important tout de l’occident sans rien produire localement. Nous avons vécu une période similaire, bien que à moindre échelle, en Algérie dans les années 70 du siècle dernier lorsque le pétrole nous rapportait des milliards. Tout est illusion dans ces pays. On est vraiment à des années lumières de ce qui a fait la grandeur de la civilisation musulmane.
Ce qui me met cependant le plus mal à l’aise, ce sont les œuvres exposées et la façon dont elles sont acquises. Hélas, les médias n’en parlent pas trop. Les milliardaires du golf sont célèbres pour leurs tendances à corrompre les hauts fonctionnaires des différents états musulmans. En distribuant de l’argent et des promesses, ces princes peuvent se rendre dans n’importe quel pays comme la Syrie, l’Egypte et l’Algérie afin de chasser en toute impunité les animaux en voie de disparition et piller des patrimoines archéologiques millénaires. A cause de leur immoralité, leur arrogance démesurée et leurs comportements de gamins pourris par le fric, ces individus suscitent beaucoup d’indignation en Algérie depuis ces dix dernières années.
Généralement, ils procèdent de la façon suivante : Ils débarquent en nombre avec leurs suites impressionnantes pour des séjours dans les grands hôtels, promettant d’investir dans la construction d’usines et de gratte-ciel. L’état algérien avec ses ministres et hauts fonctionnaires incultes et incompétents leur déroule joyeusement le tapis rouge tout en leur ouvrant toutes les portes, si vous voyez ce je veux dire. Quelques jours plus tard, ces invités de marque s’en vont avec leur lot d’animaux empaillés et de trésors, sans avoir investi le moindre sous dans l’économie algérienne.
Depuis quelques années aussi, les algériens sont nombreux à découvrir, grâce à la parabole et aux chaînes arabophones, des notables et princes arabes exhiber leurs collections d’œuvres d’art dans des reportages. Nous sommes régulièrement étonné de voir des pièces uniques et extrêmement précieuses du patrimoine algérien finir dans ces pays sans savoir comment elles y sont parvenues et qui les leurs avaient vendu.
Les musées algériens, toujours minuscules, sont risibles tant leurs collections sont insignifiantes comparées à l’histoire et aux véritables richesses artistiques du pays. Leurs collections ne contiennent généralement pas plus de quelques centaines de pièces chacune dont le visiteur peut faire le tour en quelques minutes.
Chaque année, des centaines de pièces anciennes et inestimables quittent nos frontières vendues souvent pour quelques centaines d’euros.
Avant, les acheteurs étaient des allemands, des américains ou des français. Depuis une quinzaine d’années, les saoudiens, les koweitiens et autres bédouins obèses viennent grossir le nombre de ces hyènes sans scrupules. Même les pièces appartenant aux musées ne sont pas à l’abri de transactions obscures.
A l’instar des toutes les grandes institutions des pays musulmans, les douanes algériennes sont tellement corrompues qu’il suffit de leur glisser quelques billets de cent euros pour faire sortir ce qu’on veut.
31 octobre 2008
L'art animalier dans ma peinture

Le cygne d'Ispahan
L'une des premières images qui me viennent en tête et avec force lorsque je me remémore mes premiers dessins d'enfant est cette vision où je me vois en train de colorer un cheval.
Enfant, je passais de longs moments à observer la nature que je trouvais très divertissante avec son ciel bleu, ses arbres, et ses animaux. Pour moi, le bonheur consistait à vivre entouré d'un grand jardin, non loin d'un cours d'eau, d'une forêt et d'une montagne.
De toutes les créatures, les oiseaux étaient celles qui me fascinaient le plus. Je croyais vraiment qu'ils étaient magiques. Je leur trouvais du charme, un mystère et de la poésie. J'étais étonné de voir les autres gamins leur tirer à coup de pierre ou les emprisonner dans des cages. De tels gestes me paraissaient relever du sacrilège.
L'année dernière, j'ai réalisé un rêve et me suis fait plaisir en consacrant une série de 22 tableaux au cheval, mais avant cela, j'ai dessiné et peint d'innombrables bêtes.

Ma première exposition de peintures originales en 2001 avaient pour thème les oiseau et je l'ai intitulé : "Les oiseaux mystiques"
Chez moi, l'œuvre picturale se rattache de très près à l'univers de l'illustration car lorsque j'étais plus jeune, je ne rêvais pas d'être peintre mais illustrateur de contes ou de livres animaliers. A l'époque, Alger grouillait de libraires. Chaque mois, je faisais le tour des boutiques en famille et en sortais avec cinq ou dix livres.
C'est en copiant les illustrations que j'ai appris à dessiner et à peindre, et durant longtemps, j'ai travaillé exclusivement à l'aquarelle sèche.
Mes premières expositions d'adolescent ne contenaient d'ailleurs que des copies d'illustration dans lesquelles on voyait des animaux, des fleurs ou des paysages, le tout dans un style réaliste.
Lors de ma première année à l'université, j'ai voulu tenter ma chance dans l'univers de l'édition. Un petit éditeur m'a demandé de lui adapter une dizaine d'histoires tirées des fables de la fontaine. Le projet n'a pas abouti. Les maisons d'éditions dans mon pays sont avant tout des imprimeries tenues par des commerçants obèses qui aiment faire travailler les créatifs et amasser de l'argent sur leurs dos sans les payer ou en leur jetant des miettes. Suite à d'autres tentatives infructueuses, je me suis tourné vers la peinture convaincu qu'un artiste algérien ne peut compter que sur soi-même.
Les animaux me fascinent pour leur beauté, la vie et l'énergie qu'ils dégagent ainsi que la variété de leurs formes et de leurs couleurs. Le fait qu'ils soient muets les rend plus attachants, contrairement aux humains qui utilisent trop souvent la parole à mauvais escient.
Ces dernières années, je dessine et peins les animaux en les transfigurant comme le faisaient les artistes des civilisations païennes. L'art animalier, est pour moi, aussi important et noble que le portrait chez certains.
Il fut des temps où l'animal était considéré avec dignité. On lui attribuait du mystère et des pouvoirs extraordinaires. On croyait les sources et les ruisseaux habités par des esprits magiques. L'homme était tenu de respecter toute chose et tout être. Les peuples associaient la nature à des contes, des proverbes et des légendes qu'ils se racontaient avec joie.
Depuis, on ne peut pas affirmer que la science et le cartésianisme aient rendu l'humanité plus intelligente. De nos jours, les hommes ont acquis beaucoup de connaissances en zoologie, botanique, géologie… mais ils vivent comme des porcs, passant leur temps à détruire, saccager et salir tout ce qui les entoure.
25 octobre 2008
Le premier salon d'automne au palais de la culture

Il y a quelques mois, comme vous pouvez le constater en lisant l'un de mes articles antérieurs, je suis allé visiter une exposition de peinture au palais de la culture de Kouba (Alger). J'y ai rencontré l'auteur des tableaux, un certain Driss Docman. Il me parla d'un salon qui allait avoir lieu en automne. Normalement, les inscriptions étaient bouclées, mais il n'a pas manqué de me suggérer de m'y inscrire lorsque je lui ai montré les photos de mes œuvres.
Ce jeudi, ce fut chose faite. Le vernissage a eu lieu à cinq heures du soir. Pour une fois, j'ai réussi à faire inviter quatre personnes de mon entourage.
Les œuvres exposées étaient, dans leur ensemble, remarquables de beauté et témoignent d'une grande diversité thématique et technique même si beaucoup d'entre elles sentaient trop le déjà vu.
Comme toujours, nos journalistes n'y voient que du feu. Ils sont incapables de savoir si un peintre est bon ou mauvais, original ou copieur... Les seuls détails auxquels ils s'attachaient pour s'intéresser à un participant sont la taille des tableaux, l'aspect agréable des couleurs, le fait qu'ils soient ou non encadrés, les endroits où leurs auteurs ont exposés et si oui ou non ils ont exposé à l'étranger...
Je ne suis pas complètement d'accord avec le commissaire, Driss Docman quand il déclare et écrite dans le catalogue avoir réuni des artistes éparpillés et marginalisés. A part quelques nouveaux noms, la plupart des exposants sont ceux qu'on voit dans les différents salons régionaux. Sans doute, notre commissaire a été mal renseigné. On peut même dire que ces peintres appartiennent à la caste des privilégiés car la plupart d'entre eux jouissent de relations de piston très solides avec les directions culturelles de leurs régions ou y travaillent carrément. J'ai par exemple remarqué les œuvres de beaucoup d'entre eux lors d'expositions collectives organisées par la galerie Mouhamed Racem. Ors, comme je l'ai précisé dans un ancien article, cette galerie est l'une des plus importantes du pays. On ne peut pas être à la fois marginal et présent dans un grand nombre de salon. Chaque fois que le ministère de la culture invite les directions de culture régionales à envoyer des artistes, ce sont les mêmes qui sont mis en avant.
Je pense que notre commissaire a voulu dire que ces peintres n'arrivaient pas à vivre de leur peinture et à s'imposer dans la société.
Pour ce qui est des visiteurs, les choses se sont passées comme d'habitude. La salle semblait bondée de monde. Elle sembblait... On croisait une dizaine ou une quinzaine de journalistes, les amis et les proches des organisateurs venus en nombre, un groupe d'élèves de l'école d'architecture accompagnés de leur professeur invités par la directrice, quelques représentants du président Bouteflika (grâce à qui le salon a pu être en grande partie financé), un jeune patron d'entreprise (le seul sponsor privé de l'événement) et enfin les auteurs des toiles.
Les Algériens n'ont pas cette démarche qui consiste à se déplacer spécialement pour une pièce de théâtre, une conférence ou une exposition. Ils se seraient sans doute déplacés par centaine si nous avions invité des danceuses à moitié nues...
J'ai passé quelques moments à discuter avec quelques " collègues " mais j'avoue apprécier de moins en moins ce genre de rencontres. Les peintres sont majoritairement individualistes, jaloux et opportunistes. Souvent, dès que l'un d'eux s'apperçoit que vous n'allez lui servir à rien, il se dépeche de se débarasser de vous. Ce raisonnement est loin d'être une specificité algérienne. J'ai noté les mêmes comportements chez des artistes issus de nombreux pays.
Personnellement, j'ai participé à ce salon pour des raisons purement carriéristes. Le palais de la culture Moufdi Zakarya est un endroit très prestigieux, convoité par tous les peintres. Il est l’émeraude dans une collection de pierres. L'avoir dans son CV aide professionnellement.
Ce salon s'est distingué des autres par l'aspect moral de ses organisateurs. D'habitude les salons sont accaparés par leurs organisateurs, des peintres égoïstes, qui se réservent les meilleures places, les meilleures chambres à l'hôtel et surtout qui font en sorte que la presse ne parle que d'eux, si bien que les autres participants se voient relégués au rang de figurants pour le remplissage.
Je n'ai pas quitté Docman des yeux les heures avant et après le vernissage. A aucun moment, il n'a essayé de jouer la star. Même sa tenue a été très sobre. Il passait son temps à vérifier et revérifier pour que tout se passe bien.
J'ai entre autres remarqué qu'il avait droit au même espace et traitement que les autres participants dans le catalogue de l'exposition, un catalogue remarquablement conçu d'ailleurs. Tout cela l'honneur et plaide en sa faveur.
Le catalogue de l'exposition va beaucoup m'aider. Il ne va pas résoudre tous mes problèmes mais il risque de faire grande impression sur les journalistes et les gérants des autres lieux d'expositions qui ne me connaissent pas encore. Grâce à lui, j'aurais le droit et l'opportunité d'exposer presque où je veux.
Je suis navré de me montrer aussi cynique, mais c'est la vérité. En Algérie, nous sommes rarement remarqués et jugé pour nos compétences.

L'ouverture officiel du salon par la directrice Me Bouchentouf

L'auteur du blog
Un peu de poésie dans l'univers cruel des peintres algériens







10 octobre 2008
A la bibliothèque nationale de Hamma
Lundi dernier a eu lieu ma rentrée artistique avec une exposition à la Bibliothèque nationale d'Alger. C'est la première exposition organisée par la BNA pour l'année 2008/2009 et probablement la première à avoir lieu à Alger pour la rentrée.
J'ai déposé chez eux une demande peu de temps avant les vacances. La semaine dernière, ils m'ont contacté pour m'apprendre qu'ils m'avaient programmé. La nouvelle m'avait scotché sur mon siège car la bibliothèque nationale est réputée presque inaccessibles aux jeunes peintres pour une exposition individuelle. J'ai réuni 53 des 130 œuvres que j'ai réalisées entre les derniers mois de 2006 et fin 2008. On remarque trois thèmes principaux. L'art de l'Afrique noire, l'art animalier et enfin une ambitieuse étude sur le costume traditionnel. Le personnel de l'institution a été disponible très serviable. On me parlait avec sympathie et chaque fois que j'avais besoin d'un tournevis, d'une chaise ou de quelque chose d'autres, on me le procurait sur le champ. Ca fait très plaisir d'exposer dans un endroit qui dégage tant de sérieux et de grandeur. La presse à gros tirage ne s'est pas déplacée, ce qui est normal puisque je ne suis ni un Ives saint Laurant mort ni une Madonna vivante. Deux équipes de télévision m'on interviewé ainsi que trois radios.
J'ai invité une vingtaine de peintres. Une seule est venue. Je prends note. Œil pour œil, dent pour dent… Je n'ai invité aucun membre de ma famille ni voisin. Je ne connais aucune personne de mon entourage qui s'intéresse à l'art.
Le directeur Amine Zaoui m'a fait l'honneur de descendre découvrir mes peintures. Il est resté presque une heure à m'écouter lui parler des œuvres, chose qu'il ne fait pas toujours. J'ai constaté que c'était un homme très cultivé.
Le seul truc qui aurait pu me mécontenter est que je n'ai pas eu droit à une affiche, même pas une petite A3 tirée sur une imprimante laser.
Toutefois, l'affiche reste un détail comparé aux retombées de cette exposition sur ma carrière. Premièrement, le hall principal de la bibliothèque nationale est sans conteste le lieu d'exposition qui voit défiler le plus grand nombre de visiteurs. Deuxièmement, elle attire les médias comme l'aimant attire le fer. Enfin, la bibliothèque nationale est considérée comme l'un des lieux d'expositions les plus prestigieux et les plus difficiles d'accès du pays. A partir de maintenant, les médias, les autres peintres vont me considérer comme faisant partie des peintres connus et me témoigneront par conséquent beaucoup plus de respect et les dirigeants des différents dirigeants de galeries vont moins hésiter à m'exposer.

Une vue d'ensemble de l'exposition juste après l'accrochage

Un peu de repos à midi

Interview avec la première équie de télé

Une photographe en train de me tirer le portrait

L'équipe télé du journal de vingt heures









